jeudi , 8 décembre 2016
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Cliché de voyage ou l’effet des cadenas d’amour

L’autre jour j’ai publié une photo des cadenas d’amour du pont des Arts à Paris, tout en exprimant mon regret sur sa disparition. Suite à ça on m’a fait la réflexion comme quoi les cadenas d’amour étaient une horreur, ridicules et qu’ils défiguraient le paysage de Paris. C’est peut-être vrai ! Mais pour les millions de personnes autour de la planète qui rêvent (rêvons) avec ces clichés parisiens on ne l’entend pas pareil.

Si un français part à l’étranger et pose la question : « comment imaginez-vous Paris ?  » quelles seraient les réponses d’après vous ? On vous donnera sûrement une liste de clichés parfois farfelus. Si vous êtes parisien vous seriez peut-être déçu par cette « image cliché » (ou stéréotype) que l’on a sur Paris et en général sur la France. Car, quand on ne connait pas un endroit et sa population on les imagine, c’est inévitable. Ce qu’on appelle « cliché de voyage« . Mais rassurez-vous, ça arrive partout dans le monde !

Cliché de cadenas d'amour à Paris
Cliché des cadenas d’amour à Paris

Petit exercice (et changeons de pays) : si je vous dis la Colombie et que vous ne connaissez pas le pays, je suis presque sûr que vous imaginez tout de suite un endroit avec des clichés et les mots suivants : jungle, cocaïne, guérilla, Ingrid Betancourt, Shakira. N’est-ce pas ?

Je fais partie de ceux qui aiment les clichés, qu’ils soient aimés ou détestés. Car pour moi ils racontent des histoires reconstituées et nourries au fil du temps. C’est pourquoi je décide de faire un article avec des clichés rencontrés pendant mes voyages.

Cliché péruvien - indigènes d'Arequipa
Cliché péruvien – indigènes d’Arequipa

Mais qu’est-ce un cliché ?

Dans les voyages un cliché est l’image fausse ou réelle que l’on se fait d’un lieu touristique et de sa population. Le cliché de voyage est une image de collage, préfabriquée, au fur et au mesure qu’on nous raconte des expériences sur un lieu. Parfois les clichés sont la façon pas cool de créer un stéréotype et de généraliser.

Dans mon cas j’aime les clichés du point de vue folklorique et visuel. Dans la plupart des cas les clichés sont une exagération du folklore et du traditionnel. Mais j’aime surtout les clichés pour le côté humain qui s’en dégage. Quelle histoires derrière la personne? ou le costume? ou derrière cet accent? Que racontent-ils les cadenas d’amour et d’où venaient ses propriétaires ?

Les clichés sont aussi des chroniques immatérielles qui se transmettent de bouche à oreille ou via les médias à travers des petites histoires humaines.

 

Cadenas d'amour sur le pont d'arts Paris - cliché de voyage
Cadenas d’amour sur le pont des Arts – Paris – cliché de voyage

Les limites des clichés dans le tourisme

Les sites touristiques ne sont pas vus de la même façon par les locaux et par les visiteurs. Pour un local (un indigène) ce bel endroit est le lieu de tous les jours. Il est chargé de pas mal de sentiments et de vécus, ainsi  c’est le lieu de la famille, du travail, des amis, des souvenirs d’enfance, etc. Pour un visiteur le lieu est simplement la matérialisation du cliché. Le but immortalisé (par la photographie par exemple)  pour montrer aux gens qu’eux aussi ils l’ont fait ou ils sont visité ce lieu mythique.

Femmes palenqueras- cliché de Carthagène des Indes Colombie
Femmes palenqueras- cliché de Carthagène des Indes – Colombie

Je connais bien le côté malsain et abusif dans quelques lieux où de mauvaises habitudes ont donné naissance à des clichés. Le dérapage d’une petite histoire qui fait bouger des masses des gens hors contrôle. Le problème arrive quand un cliché devient célèbre mondialement. Alors il n’est plus un cliché mais un problème.

Un cliché peut aussi devenir un piège pour les voyageurs. Difficile de constater dans certains endroits ce qui est authentique de ce qui ne l’est pas; entre les faux guides au Maroc, les faux indiens en Amérique du sud et les fausses peintures de Montmartre. Mais qu’est-ce que l’authenticité dans l’immoralité que côtoie le tourisme ?

Comme ce jour où un vendeur d’eau marocain m’a demandé 100 euros pour le prendre en photo sur la place Djemâa El-Fna à Marrakech.

Vendeurs d'eau place Jemaa El Fna.
Vendeurs d’eau place Jemaa El Fna – Maroc

Les étapes d’un cliché :

  • D’abord c’est le déclenchement : ou ce moment à partir duquel on rêve grâce à des clichés. Quelqu’un nous a parlé de cet endroit où il faut absolument être, ou danser ici, ou se baigner là, ou se prendre en photo à tel endroit ou accrocher un cadenas d’amour sur un pont. Et l’on rêve ! On fait l’impossible pour le réaliser, on se renseigne, on se motive et l’on part en voyage.
  • Ensuite c’est l’étape de la réalisation : là tu ne sais pas comment réagir. J’y suis, je crie, je pleure, je ris, je saute. Dans mon cas je reste statique pendant une bonne demi-heure. En même temps je regarde les gens autour de moi dans la même étape que moi, en pleine réalisation !
  • La déception : ceux qui ne trouvent pas l’ image idéalisée ou les sensations imaginées (ça arrive pas mal), en se rendant compte que le marketing n’est parfois qu’une illusion.  Le cliché s’efface donc au moment de la visite et face à la réalité. Il est fréquent d’entendre des phrases comme :  » Je ne l’imaginais pas comme ça ! J’ai traversé la moitié du monde pour ça ? »
  • La nécessité : de vendre et d’acheter. Le monde est devenu un marché géant touristique. D’un côté des pays ou des villes qui cherchent à toucher le jackpot en vendant leurs destinations de rêve. D’un autre côté les voyageurs affamés d’aventures et d’expériences sans égal. Au milieu de tout ça une population plus ou moins pauvre qui veut gratter un peu les miettes du tourisme. Le vieux monsieur avec un singe pour vendre la « photo cliché » ou une tribu au milieu de la forêt qui change complètement leurs habitudes de vie pour vendre le maximum de poses à un euro la photo.
  • L’invasion : ou l’étape vécue par certains locaux. Les touristes ne sont plus les bienvenus mais des envahisseurs. On oublie que l’on a fait la publicité pour attirer les touristes et on défend un retour aux sources et aux racines. C’est ma rue, mon pont, ma basilique; c’est ma ville quoi ! Cassez vous !
Le singe qui facture - Place Jemaa El Fna Marrakech
Le singe qui facture – Place Jemaa El Fna Marrakech

Le cliché de voyage semble être la matérialisation de la fantaisie humaine de rêver des paysages lointains et des moments exotiques. Bref, le cliché on aime ou l’on déteste ou simplement on le trouve banal. Dans tous les cas, il est nécessaire de respecter les différentes manières de voir ou d’imaginer le monde du voyage, les voyageurs et ses clichés.

Blogtrip – Aristofennes

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A propos de Aristofennes

Je m'appelle Jerson mais je suis connu sous le nom d'Aristofennes dans le monde du voyage. Je suis un voyageur passionné et sincère qui veux trasnmettre mes aventures dans ce blog personnel. Voyager est un art, dans lequel le contact humain est indispensable.

4 commentaires

  1. Super intéressant ton article, je suis entièrement d’accord avec toi et ne comprends pas pourquoi les cadenas ont été retirés… Je connais des étrangers qui ont été très déçu d’apprendre ça…

  2. Alors nous qui habitons Paris, on va essayer d’être objectif 🙂

    En faite les cadenas alourdissent le pont, et si ça continue ça pourrait détériorer le pont. Je ne sais pas comment ça a été calculé tout ça, et si on était arrivé au maximum cela dit. Je (Mike) trouve ça joli, mais il ne faudrait pas que ça devienne dangeureux. Pourquoi pas répartir sur trois points même si c’est moins « mythique ».

    A Venise les habitants avaient pris il me semble, des sécateurs pour couper tous les cadenas. Un poil plus radical 🙂

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