jeudi , 8 décembre 2016
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Visiter la cité perdue Tayrona en Colombie

En nous promenant sur la plage de Taganga en Colombie, un petit panneau sur une agence de voyages à attiré notre attention. Il était écrit : « Visitez la cité perdue Tayrona ». Croyez-moi si je vous dis que comme colombien, je n’avais jamais entendu parler d’une telle cité dans la jungle. Néanmoins c’était vrai et ça nous intriguait, on voulait en savoir encore plus ! Nous sommes rentrés dans l’agence, et 15 minutes plus tard le marché était conclu. Rendez-vous le lendemain matin avec une liste d’articles à caractère presque obligatoire.

Village du peuple Tayrona et Kogui à la cité perdue
Village du peuple Tayrona et Kogui à la cité perdue

Que l’aventure commence !

En compagnie de Cédric mon ami français, nous décidons de partir dans une aventure de 6 jours de marche à travers la jungle. Et bien que nous étions un peu craintifs (surtout lui) au début, la motivation et ce côté méconnu nous poussait à continuer. De plus nous n’étions pas seuls, car au moment d’arriver au point de départ, le fait de voir beaucoup de monde à l’agence nous a soulagés. Le groupe comptait 10 voyageurs de différentes nationalités, nerveux et désireux de s’immerger dans la jungle colombienne à la recherche de la merveilleuse cité perdue de Tayrona.

Après les consignes et la présentation de rigueur, nous prenons une voiture 4×4 pour démarrer cette aventure de fous. Ce premier trajet de deux heures nous amènerait dans un village appelé « Machetes ». Celui-ci se trouvait aux pieds d’une montagne connue comme « La sierra Nevada de Santa Marta »; l’unique montage côtière au monde qui a de la neige. Bref, une fois descendus de la voiture, nous comprenons très vite que la marche à pieds commençait.

Transport 4x4 en Colombie
Transport 4×4 en Colombie
Enfants colombiens
Enfants colombiens

La communauté indigène des Tayronas

La Sierra Nevada est le territoire du peuple Tayrona et Kogui, reconnus pour vivre en symbiose avec la nature. C’est pourquoi les consignes écologiques étaient très claires. Tout ce qui se passe dans leur habitat les inquiète énormément. Nous étions fascinés par leur philosophie. Le village était pour eux un endroit de rassemblement, mais ils restent assez timides avec les étrangers.

Les observer même de loin c’était un vrai plaisir humain. Les Tayronas s’habillent en blanc avec des tissus faits à la main par eux-mêmes. En général un habit blanc utilisé aussi bien par les hommes que par les femmes.

Emerveillés nous commençons la marche. Devant nous  quatre jours pour monter et deux jours pour descendre. Il nous a fallu 30 minutes de marche, pour que la nature nous souhaite la bienvenue. Une pluie tropicale est tombée sur nos têtes, et elle nous a accompagné pendant deux heures de trajet. Ces deux premières heures ont été un vrais défi auquel je ne m’attendais pas ! La chaleur des Caraïbes côté colombien se mélangeait avec une pluie diluvienne et en bonus, un début de randonnée très physique ! On réalisait qu’un énorme challenge physique et mental venait de commencer. Heureusement les guides sont toujours prêts à proposer des pauses, tout en offrant des fruits frais.

La pluie a disparu d’un coup. Le silence de la montagne se transformait en concert d’insectes et d’animaux. Nous réalisons que autour de nous il n’y avait rien qui nous rappelle la modernité. Pas une seule maison, pas un fil, pas un bruit d’origine humain; juste la jungle et nous !

Nous étions l’unique chose qui ne collait pas avec le paysage !

Nature colombienne
Nature colombienne

Au fil de quatre heures de marche, nous nous arrêtons à côté d’une petite rivière à l’endroit du premier campement. Celui-ci se composait d’un toit et des hamacs en file (à notre surprise). Un plat chaud nous attendait sur la table. Nous avons dégusté (dévoré) sous la lumière des bougies, un repas glorieux avec des haricots rouge, du riz et de la viande. L’ambiance était très conviviale avec le groupe et nous sommes restés pour discuter un peu. Bien restaurés, ils ne nous restait plus qu’à aller au lit, pardon,  au hamac !

Campement pour dormir à la cité perdue
Campement pour dormir à la cité perdue
Dormir dans la jungle en Colombie
Dormir dans la jungle en Colombie

Les jours de marche et la rencontre avec les Tayrona

Le réveil à cinq heures du matin ce n’est pas dans mes habitudes. Mais se coucher tôt et avec beaucoup de fatigue, implique de se réveiller tôt. Il faut dire aussi que les animaux se lèvent tôt tout en émettant des chants qui réveillent à coup sûr. La marche continuait juste après le copieux petit déjeuner. Tout le groupe suivait les indications des guides, qui nous indiquaient le chemin à travers la montagne. On regardait les yeux grands ouverts, pendant que l’on buvait un bon café colombien.

Ce rituel s’est répété pendant les trois jours de marche suivants. La jungle avec toutes ses couleurs, quel spectacle ! Nous avons traversé au total 12 rivières, vu des centaines d’insectes méconnus et écouté de merveilleux chants d’oiseaux divers. La Colombie est l’un des pays qui compte le plus d’espèces d’oiseaux au monde. Mais malgré toute la beauté du paysage, aucun signe des communautés Tayronas et Koguis.

Parcours vers la cité perdue
Parcours vers la cité perdue

Le matin du troisième jour, nous sommes surpris par un groupe de Tayronas dans le campement. Une famille entière est venue nous voir et nous parler. De nature très timide, même les guides étaient étonnés. La personne qui nous a parlé, était un petit homme à l’allure sage, appelé le Mamo (Chaman et chef spirituel). Une discussion de seulement 5 minutes, mais pleine de réflexions sur la vie et la vision de leur communauté sur la vie,  la mort et le respect vers la « Mère Nature ». On se sentait comme des idiots se croyant modernes face à ses mots. Le moment éphémère fini, nous reprenons le chemin.

Chaman peuple Tayrona et kogui
Chaman peuple Tayrona et kogui

Les vestiges de la cité perdue

La fatigue commençait à défigurer nos visages. Bien que le paysage et l’aventure étaient merveilleux, dans ma tête je ne voulais qu’arriver à la cité perdue de Tayronas. Le quatrième jour au lever, le guide nous fait une petite blague en nous disant qu’il fallait encore marcher pendant 4 heures. En vérité le dernier campement se trouvait juste à côté du début de la cité perdue.

D’un coup Luis (le guide), nous a dit : voici la cité perdue de Tayrona ! On regardait partout et on ne voyait rien. De l’autre côté de la rivière, un chemin en pierres est apparu dissimulé par la végétation. 1600 marches en pierre forment le chemin d’accès aux ruines. Les marches en pierres sont couvertes d’humidité, ce qui rend le trajet délicat et dangereux avec le risque de glissade. Le chemin est étroit au début, mais au fur et à mesure il devient comme une sorte d’avenue en pierre. Dans les alentours on pouvait apprécier des terrasses en pierre, là où les cabanes étaient implantées quelques siècles avants.

Chemin vers la cité perdue
Chemin vers la cité perdue
Vestiges cité perdue Tayrona
Vestiges cité perdue Tayrona

Franchement je ne m’attendais pas à autant. Le site est majestueux depuis le début. L’arrivée aux ruines principales nous a laissé sans souffle. Toute la montagne où se trouvent les ruines, est pleine des vestiges cachés par la nature. La cité perdue culmine tout en-haut de la montagne avec une sorte de temple, ceci donne l’idée que la cité a une forme presque pyramidale. A ce moment là les questionnements ont fait surface : Pourquoi ? , Comment ?, qui ?.

Petite Histoire de la cité des Tayronas

La communauté Tayrona et Kogui habitaient une vaste zone de territoire au nord de la Colombie. La cité Perdue apparemment a été construite vers l’an 800 après J-C.  A l’arrivée des espagnols dans l’année 1498, les indigènes ont établi des relations commerciales avec eux. Mais vers  1600, de très forts conflits coïncident avec la presque disparition de ces communautés. Ainsi, l’apparition des maladies amenées par les espagnols ont fait des dégâts. Les survivants ont fui à la cité perdue pour se protéger. Après, la cité reste juste un endroit sacré et spirituel. Les ruines ont été découvertes en 1974 par des pilleurs et reprise après par les Tayronas.

Nous sommes restés toute la journée pour apprécier le lieu. La visite était encadrée par un silence respectueux rempli d’émotions. Mon regard se perdait entre le paysage vert qui contrastait avec les vestiges. Une récompense incroyable d’une aventure naturelle et humaine sans précédents pour nous.

Cité perdue indigène en Colombie
Cité perdue indigène en Colombie

Conseils pour visiter la cité perdue de Tayrona à Santa Marta Colombie :

Comment y arriver ?

  • La visite de la cité perdue Tayrona est sous contrôle de la communauté indigène.
  • Il faut savoir que très peu d’agences sont habilitées à offrir le tour.
  • Pour y arriver est obligatoire et nécessaire une agence et des guides, car le chemin est difficile et dangereux à cause de la géographie du terrain.
  • Le tour peut se prendre à la ville de Santa Marta ou au village de Taganga.
  • Le tour est proposé en 4, 5 ou 6 jours, par rapport à votre capacité physique.

Le tour :

  • Le tour est tout inclus : transport, guides, les trois repas, des fruits tout au long de la journée, de l’eau, les nuitées.
  • Comme dit plus haut, le tour est offert en  4, 5 ou 6 jours. Sachez que moins de jours se traduit par plus d’heures de marche par jour.
  • La difficulté est moyenne. Le tour requiert une condition physique adéquate.
  • L’agence ou tour opérateur que nous avions utilisé est : Magic Tours Colombie  Adresse : Calle 14 No. 1b-50 • Téléphone : (57+5) 421 9429 • Taganga 
    Calle 16 No.4-41 • • Téléphone : (57+5) 421 5820 • Santa Marta.

Le prix :

  • Le prix affiché aujourd’hui sur le site du tour opérateur est de 600000 COP (pesos colombiens), soit environ 240 euros par personne. Celui-ci est un tout inclus.
Sierra nevada de Santa Marta
Sierra nevada de Santa Marta

Informations pratiques :

  • L’agence de voyages donne une liste d’articles à prendre. Veuillez bien respecter et amener ces articles, car ils sont vitaux pour le bon déroulement du voyage.
  • Ne prenez pas trop de vêtements. La montagne est très humide et les vêtements mouillés seront un surpoids difficile à gérer.
  • Un sac à dos imperméable est hautement recommandé.
  • Les chaussures adaptées à la randonnée sont conseillées.
  • Une veste imperméable et légère, ou un coupe vent – pluie ( K-Way ).
  • Ne partez pas trop chargé.
  • Le matériel sensible comme appareils photos, téléphones, documents, doivent être mis dans des sacoches imperméables.
  • Amenez des sacs plastiques pour le linge sale et mouillé.
  • Le vaccin contre la fièvre jaune est conseillé.
  • Une assurance santé pourrait être utile.
  • Veuillez respecter les communautés indigènes et l’environnement.

Aristofennes | Blogtrip

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A propos de Aristofennes

Je m'appelle Jerson mais je suis connu sous le nom d'Aristofennes dans le monde du voyage. Je suis un voyageur passionné et sincère qui veux trasnmettre mes aventures dans ce blog personnel. Voyager est un art, dans lequel le contact humain est indispensable.

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2 commentaires

  1. Waouh! Merci de nous avoir faire vivre les sensations que vous aviez en faisant ce voyage. En lisant votre article, j’ai retenu mon souffle jusqu’à ce que vous mentionnez le chemin de pierre menant à la cité perdue. La cité perdue de Tayronas, c’est un aventure à tenter un jour (-:

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